|
Chronique
quotidienne
N°2
de Didier De
Reck
Mon travail
s'inscrit dans la lignée des photographes
humanistes.
Mes photos, mes rencontres devrais-je dire, sont
juste d'heureuses opportunités de faire
connaissance avec la banalité
quotidienne.
|
Loin
d'échafauder une quelconque étude
sociologique, je prends seulement les gens au rythme de
mon expérience, de ma curiosité et de la
rencontre de personnes que l'on croise tous les jours
sans forcément les regarder. Certains sont de
simples passants, d'autres me livrent un regard. Parfois
un dialogue est possible. Alors, le passant m'introduit
dans son univers familier et accepte de me
dévoiler un peu de son quotidien. J'essaie de ne
mettre aucun militantisme dans mon travail, même si
mes thèmes de prédilection sont mon
entourage proche, les émigrés ou les
personnes âgées face à la vie de tous
les jours, dans la rue, au supermarché, chez eux
ou dans n'importe quelle autre situation qu'ils veulent
bien me montrer d'eux-même.
Vivantes, libres, tendres, humoristiques, mes
photographies se situent dans la ligné
"Bressonnienne". Mais le moteur de mon travail est le
désir de comprendre, de me fondre dans un
environnement que j'aime et qui m'est proche.
Le choix des moments, des
cadrages, des ambiances, sans certitudes objectives, ni
concepts, me permettent de garder une dignité
personnelle et sociale, d'établir un dialogue
humain, même s'il est furtif. J'y joue le
rôle de témoin d'un
dérèglement social dans un milieu urbain de
plus en plus mal à l'aise face à la rigueur
économique, technologique et sociale.
Confronté à ce phénomène, je
ne peux apporter que la délicatesse de mon
attention en écho à une crise
économique qui nous laisse en marge. Et mon
désir de laisser une trace, de ce qui est, de ce
qui aura été en cette veille de l'an 2000.
Même s'il ne s'agit que d'un regard, un geste, une
atmosphère, cela demande beaucoup de temps,
d'attention, et d'argent.
D'autres l'ont fait avant
moi, comme Henri Cartier-Bresson, Doisneau, Steichen,
Paul Strand ou Auguste Sander... Mais ce n'est pas une
raison suffisante pour ne pas continuer à le
faire.
Cette belle aventure, je
l'ai commencé il y a 10 ans, avec quelques
interruptions pour travailler comme peintre, graphiste,
infographiste, après avoir terminé mes
études à l'ERG (Bruxelles), ainsi que
d'autres emplois notamment dans le secteur social et de
l'aide aux personnes. Depuis 2 ans, j'ai
décidé de me consacrer uniquement à
la photo et d'entreprendre ce travail sur notre
"mémoire
collective".
L'exposition
Didier De Reck
Av. Neptune, 1
1190 Bruxelles
Tel. +0032 2 3473489
|